peinture, installations, multimédia

b i e n v e n u e   s u r   l e   s i t e   d e

 

 

p a t r i c k  

b e c h e t         

 

  

a u d i e r n e

f i n i s t è r e

Je réalise des images peintes et ce n'est pas une sinécure. 

Il y a mille désirs et une seule image qui va naître. Peindre, c'est comme tuer, tuer l'envie, les mille désirs, écarter, repousser, ostraciser. Pour fabriquer des armes, des pinceaux, il faut des lectures et des tableaux. Je crois que ma première arme a été « les élégies à la république espagnole » de robert Motherwell, probablement parce que j'y voyais comme une synthèse entre la Renaissance et l'expression du désir nouveau. Dans l'enfance, j'étais resté sans voix devant cette photo de graffiti de Brassaï sur un livre de Prevert, j' avais peut-être dix ans et je m'en souviens encore. Ce gris, ces frottements, cette gravure au couteau sur un mur de lèpre. Je savais que c'était ça, Brassaï et puis Motherwell. Alors, il a fallu des lectures pour faire vivre ces deux là. Un peintre ne lit pas comme un lecteur, il lit comme un charognard, comme un chapardeur qui cherche sa nourriture dans la nourriture des autres. Je n'ai ouvert de livres que pour mieux me nourrir. Et puis j'ai fabriqué mes pinceaux, je les ai voulu d'abord durs comme la pierre et tranchants comme l'acier. Peindre sans pinceaux, oui, j'ai longtemps pensé que c'était l'outil le véritable peintre (...). Mais ce qui m'occupe, c'est bien plus que l'outil ou l'objet, c'est la peinture. La peinture qui n'en finit pas d'être une interrogation. Les mille désirs ne sont là que pour l'éprouver, l'épuiser, la contenir.

PB